04/01/2026
Dimwood : last but not least Richard Corben
Accès compliqué au site officiel Corbenenfantdufeu le justifiant, je reposte sur ce blog ma chronique PlaneteBD rédigée à l'occasion de la dernière parution du maitre de l'horreur aux éditions Délirium cette fin 2025.
Les éditions Délirium ont repris magnifiquement le flambeau de la publication des oeuvres de Richard Corben depuis 2013, avec l'accord de sa veuve et de sa fille, en éditant des versions luxueuses de certains de ses plus beaux livres. Pas moins de 15 publications cartonnées, dont 5 compilations de récits anciens ou inédits, quatre nouveaux récits (Ragemoor, Ratgod, Murkyworld et la série Grave les contes du cimetière, les rééditions de Monde mutant, Bloodstar, Den (trois columes) et ce dernier titre, réalisé au seuil de sa vie.
Dernière œuvre inédite de l'auteur, décédé en 2020, ce Dimwood rappelle avec force l'immense talent de son créateur. La quintessence du genre horrifique.
L'histoire :
Début du vingtième siècle : Xera, une jeune femme d’une trentaine d’année, circule dans sa voiture à travers d’imposants bois sombres, pour rejoindre la maison familiale isolée qu’elle a quittée depuis de nombreuses années, afin d’assister à une cérémonie funéraire dans le vieux cimetière jouxtant la demeure. Elle se trouve cependant déroutée par un tissu blanc voletant sur son pare brise. Accidentée contre un arbre, elle est obligée de couper à travers bois. Perdue, angoissée par des bruits suspects, elle bénéficie de l’aide imprévisible de son frère, Noah, pourtant disparu depuis bien longtemps, qui l’aide à retrouver son chemin. Là, elle assiste à la fin de la cérémonie, en compagnie des gens de maison, ayant pourtant quitté le domicile et habitant plus loin dans une pension, mais l’accueillant pour son séjour dans la demeure familiale ravagée par une moisissure de champignons. Soudain, au milieu des tombes, se cachant, surgit une petite fille apeurée, Karen, voisine ayant apparemment vécu un traumatisme récent, et fuyant, d’après ses dires, un monstre essayant de la dévorer. Xera va s’enticher d’elle et essayer de l’aider, tout en essayant de rassembler les pièces du puzzle de son passé, pouvant expliquer son départ enfant, éloigné par sécurité semble t-il, suite aux agissements de plus en plus violents de leur père. Cependant dans les bois, aux alentours de la maison, effectivement, un monstre répugnant rôde...
A l'image des figurines de terre cuites en 3D qu'il avait l'habitude de créer afin de servir de modèle à ses personnages, Richard Corben a modelé certaines histoires telles de la pâte, les manipulant régulièrement, les faisant passer du stade d'une simple idée à un récit de quelques pages, allant pour certaines jusqu'à réaliser un album entier. C'est le cas de ce Dimwood (le bois sombre), dont les meilleurs amateurs pourront repérer des similitudes avec quelques récits parus auparavant. On pensera bien sûr à Rat God (2016) et son univers sauvage coloré mettant en scène un monstre à face de rat (que l'on retrouve d'ailleurs à un moment sous une autre forme ici), mais avant cela, La Cité morte de la peur (in Ogre, 1979), ou plus encore Seeds of the Sepulchre de C. Ashton Smith (Den Saga #1, 1992 - comment ne pas y penser avec cette couverture de squelette envahit par les racines ?) nous avaient déjà bien mis mal a l'aise avec l'élément boisé « naturel ». Plus proche de nous, et du côté de la maison hantée et de la famille dégénérée, on citera bien évidemment la série Shadows of the grave (2016-2017), élément en coloration grisée, explorant de manière poussée l'idée de déchéance physique et mentale, ainsi que les héritages toxiques familiaux. Éléments que l'on retrouvait déjà dans deux autres récits publiés dans les Creepy 10 et 12 de 2012 et 2013 : les illuminations de Charity Wallis et Oncle Magnus. Pour ce nouveau comics, magnifiquement colorisé - dans le style typique de la dernière période de l'auteur, avec aplats et textures - Corben nous offre, dès la page 6, grâce à la magnifique image d'un tissu blanc voletant au milieu de tombes abandonnées, le ton fantastique et romantique de l'histoire à venir. Rien que le texte introductif, assez dense, exprime l'idée et l'envie de plonger le lecteur dans une histoire où les mots auront autant leur importance que les images. Et cette voiture circulant sur une route sinueuse au milieu de bois inquiétants, laisse poindre déjà un flot de tensions. L'apparition improbable de Noah n'amenant qu'un simulacre de réconfort. L'auteur, une fois le décor planté, va dérouler un scénario original charpenté, traité avec passion et méticulosité. Les couleurs magnifiques, réalisées par l'auteur lui même, aidé par sa fille Beth, jusqu'à la page 97, au moment de son décès, ont été terminées pour la dernière partie des 23 pages restantes par Jose Villarubia, spécialiste reconnu de l'auteur et coloriste de ses récits depuis 2001. Dimwood, tel un dernier baroud d'honneur, rassemble la quintessence de ce pourquoi l'artiste Richard Corben a travaillé toute sa vie : offrir le meilleur du récit d'horreur en bande dessinée. Lui et sa famille, tout comme son coloriste et donc les éditions Delirium, présentent cet ultime récit telle une offrande aux milliers de fans attristés par sa disparition, et le cadeau est de taille. Le gore n'avait donc pas dit son dernier mot.
15:06 Publié dans Corben | Lien permanent | Commentaires (0)
09/01/2021
Vampirella, again ! with Clarice
Content de finir de compléter ma collection complète de Vampirella, et de trouver (encore) une histoire de Berni Wrightson. Il s'agit de Clarice, parue ensuite dans l'album Presqu'humains (1981).
Une belle histoire de 5 pages n/b, scénarisée par Bruce Jones, parue dans Vampirella #24 (1976). Et regardez qui l'accompagne juste après ? : Friedrich le magnifique, de Richard Corben. Great issue.
Ps : Ayant quasiment conclu ma collection Vampirella Publicness, je vais pouvoir achever le dépouillement sur le site BDoubliées. Watch Out !
20:21 Publié dans Corben, Vampirella, Wrightson | Lien permanent | Commentaires (1)
19/11/2020
Murky World de Richard Corben est là !!

Les éditions Délirium continuent la publication d'inédits ou de rééditions de Richard Corben, aussi, je vous laisse lire ma chronique de cet inédit (en France) sur le blog de BruceLit:
http://www.brucetringale.com/murky-world-richard-corben-s...
19:01 Publié dans Corben | Lien permanent | Commentaires (0)
28/03/2020
Work in progress !
12:02 Publié dans Corben, Creepy, Warren | Lien permanent | Commentaires (0)
04/02/2019
« L'Antre de l'horreur » en grand format : un régal esthétique et d'horreur
Même si on a déjà eu l'occasion de dire du bien de cet album, la chronique complète de cette magnifique réédition augmentée restait à faire.
« L'Antre de l'horreur » à d'abord été proposée dans une édition cartonnée moyen format en 2007, mais ne compilait que les histoires adaptées d'Edgar Allan Poe, dans leurs versions « modernisées » par rapport au premier recueil « Poe » paru en 1981 chez Neptune.
Si ces récits, retranscrits dans notre époque moderne par Rich Margopoulos, peuvent laisser un peu circonspect les lecteurs, plus à même d'apprécier le ton de l'auteur dans son époque, l'idée n'était pas complètement inintéressante.
À contrario, les adaptations de Howard Phillip Lovecraft, restées inédites en français à ce jour, et laissées dans leur ambiance d'époque, début vingtième, sont la bonne surprise du recueil. La couverture du fascicule numéro 1 a d'ailleurs été pertinemment choisie pour illustrer celle de cette réédition.
À une ou deux exception près (les deux premiers récits étant assez « banals » dans le genre), chaque histoire nous transporte dans des ambiances, certes connues dans l'univers Corbenien, mais avec talent et révélant de bonnes surprises. Dans l'ensemble, et pour les lecteurs qui ne les auraient pas connues avant en VO, celles-ci pourront, en terme de qualité et de thématiques, rappeler un peu « Rat God » et « Les Contes du cimetière », nous projetant avec délectation dans les ambiances glauques et science-fictionnelles démentes des « Choses venues du ciel »
Les textes originaux du maître de Providence sont inclus, permettant de réaliser tout le travail d'adaptation, tout comme sont ajoutés troix textes pertinents : « Les Maîtres de l'horreur », restituant le contexte d'adaptation de récits fantastiques du XiXeme siècle), « Richard Corben ou le grotesque sublimé », retraçant le parcours et les techniques de l'artiste, et : « Anatomie de l'horreur » expliquant comment l'artiste a choisi d'adapter différemment les deux auteurs originaux.
Ce grand format rend parfaitement hommage, à la fois au talent de Richard Corben, et à celui d'Howard Philipp Lovecraft. Un rajout donc bienvenu dans la bibliographie française, qu'il aurait été vraiment dommage de ne pas pouvoir lire.
Lovecraft 1 contient :
Dagon
La Cicatrice ("Recognition")
Un souvenir
Lovecraft 2
La Musique d'Erich Zahn
Le Canal
La Lampe
Lovecraft 3
Arthur Jermyn
Le Puits
La Fenêtre
09:11 Publié dans Corben | Lien permanent | Commentaires (0)
24/01/2018
Richard Corben : grand prix du festival international de la Bande dessinée d'Angoulème 2018 !
Chaque lecteur de ce blog sait combien on aime Richard Corben ici. On est donc très fiers et heureux pour lui pour ce prix qui reconnait enfin vraiment en France son énorme talent.
Les éditeurs français à avoir publié sont travail dans l'hexagone ne sont pas légion, aussi, on aura une tendre pensée pour Fershid Bharucha, à l'origine de sa découverte en France avec les éditions du Triton et la revue Special USA, puis Albin Michel, mais aussi Jean Pierre Dionnet et les Humanoïdes associés, et enfin les éditions Toth, lors de son retour au tout début des années 2000, puis enfin Laurent Lerner et les éditions Délirium, qui ont fait un travail magnifique depuis 2013.
Dire qu'il sera président l'année prochaine et que l'on aura droit à une superbe affiche (rêve).
D'ici là, guettez le site des éditions Délirium, une énooooorme surprise vous attend chez lecteurs en février ;-)
22:52 Publié dans Corben | Lien permanent | Commentaires (1)
30/05/2017
« Crime Suspenstories » T3 par divers
Toujours un plaisir de retrouver ces récits, grâce à la maison d’édition Akileos. Celle-ci continue son œuvre de réédition patrimoniale des EC Comics, découverts en français dans les années 80, grâce aux éditions Humanoïdes associés (collection Xanadu) ou Albin Michel. Une partie seulement avait été traduite néanmoins, et l’implication d’Akileos à proposer l’intégralité des numéros est remarquable.
Dans ce volume de « Crime Suspenstories », proposant les récits figurant dans les comics 15 à 21, toujours axés sur des histoires de couples qui se déchirent et d’amants vengeurs, on notera la présence particulière de deux histoires de Ray Bradbury : « Plus une trace » (dessiné par Johnny Craig que l’on avait déjà pu savourer en son temps [2], avec cet homme qui, paniquant à la suite de son crime, ne peut s’empêcher de tout nettoyer derrière lui, jusqu’à la folie) et « La Femme qui hurlait » mis en images par Jack Kamen, où une charmante petite fille entend seule les cris d’une femme enterré vivante…
« À vif » nous donne, quant à lui, à lire un beau récit dessiné par les grands Al Williamson et Frank Frazetta, Jack Davis est présent avec « Les Escrocs » et le reste, à l’avenant, est dessiné par Graham Ingels, George Evans, Bill Elder, Reed Crandall…, la plupart sur des récits de Bill Gaines et Al Feldstein. Déjà treize titres au catalogue, et d’autres à paraître. Tout un programme !
« Crime Suspenstories 3 » : collectif
Éditions Akiléos (26 €) - ISBN 9782355742972
Article originellement paru dans une actualité liée au Bordeaux Geek festival, le 24 Mai 2017 sur BDzoom.com et repostée ici pour davantage de visibilité.
12:33 Publié dans Ec comics | Lien permanent | Commentaires (0)
19/03/2017
"Dead, she said" (RIP mr Wrightson)
J’apprends ce matin la disparition de deux très grands artistes chers à mon coeur : novateurs chacun dans leur domaine respectif : Chuck Berry (18 Mars), et Berni Wrightson (19 Mars).
L’un a été à l’origine du Rock’n’roll. Tout le monde connait au moins une poignée de ses chansons.
Bernie Wrightson quant à lui, a été révélé aux amateurs de bande dessinées française dans les revues pockets avec son Swamp thing à l’aube des années 70, scénarisé par Len Wein, puis dans la revue Spécial USA. Son hommage magnifique au monstre de Frankenstein, aux éditions Albin michel au début des années 80 l’a consacré et fait de lui un maître du dessin hachuré, noir et blanc, à la forme très gothique.
Il produisait peu, car son dessin était précieux et fourmillait de détails. C’est pourquoi j’ai suivi la moindre de ses parutions. Ces 10 dernières années, il avait lancé avec son complice Steve Niles trois récits de belle facture : City of others, non traduits en France à ce jour, The monstrous collection (non traduit non plus, et dont est tiré le visuel à gauche), et Frankenstein alive (Soleil), consacrant le retour du fameux monstre.
Il avait déjà réalisé trois numéros lorsque la maladie qui l’empêchait depuis des années (Parkinson me semble t’il), s’est aggravée, l’obligeant récemment, d’après les informations de sa femme sur son compte Facebook, à subir de lourdes interventions chirurgicales au cerveau.
On savait qu’il était très diminué et ne pourrait plus dessiner… mais la nouvelle de son décès nous laisse, tous ses admirateurs, dont moi-même, effondrés.
Merci Mister Wrigtson, pour votre génie et votre passion partagée, et j’espère que là où vous êtes aujourd’hui, vous pourrez vous reposer sereinement, avec moins de monstres que dans vos récits.
11:16 Publié dans Wrightson | Lien permanent | Commentaires (0)
05/02/2017
Thank you Mr Wrightson !
As his wife told us on his official Facebook page this end of January, we understood our beloved Berni Wrightson will never drawn anymore. ...
Comme sa femme nous l'a appris sur sa page Facebook officielle cette fin Janvier, nous avons compris que notre bien aimé artiste Berni Wrightson, suite à sa dernière intervention chirurgicale du cerveau, ne pourra plus jamais dessiner. Il est en effet dorénavant paralysé de tous le côté droit. Si cette nouvelle est bien sûr très triste, elle ne dépassera pas bien sûr le courage dont doivent faire preuve toute sa famille,ses proches et lui-même, depuis toutes les années qu'il passe en interventions à l'hôpital.
L'actualité de l'auteur est bien sûr la parution du super portfolio "Cycle of the werewolf" qui a été lancé par Tim Doyle sur Kickstarter, et qui permettra d'aider la famille pour tous ces soins.
On pense beaucoup ici à lui, à eux, et plus que jamais, je suis fier d'avoir créé le site Wrightsoninfrench, qui rend hommage à ce très grand artiste.
La page Biographie de l'auteur a donc été mise à jour :
http://wrightsoninfrench.pagesperso-orange.fr/l%27auteur....
Courage, Berni !
14:36 Publié dans Wrightson | Lien permanent | Commentaires (0)
16/01/2017
Corben back with Denaeus (and a shadow) !
Corben est de retour avec une nouvelle série chez Dark horse intitulée Shadow of the grave. Une histoire d'horreur, en noir et blanc, à l'ancienne, pourrait-on dire, où l'on découvre un nouveau personnage de guerrier, dans l'esprit de DEN : Denaeus.
On espère une traduction par ici, même si on ne l'attendra pas ;-)
Nb : 3eme volume en Mars.
13:26 Publié dans Corben | Lien permanent | Commentaires (0)














